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Vers une simplification de la communication !


Force du collectif

09/04/2025



Une mauvaise communication constitue l’un des plus grands générateurs de tensions au sein d’une organisation. Malentendus, suppositions, interprétations, omissions : autant de micro-frictions qui, accumulées, endommagent la qualité des relations professionnelles et compliquent inutilement le quotidien.

Pourtant, instaurer un système de communication clair, cohérent et accessible à tous n’est ni complexe ni chronophage. C’est même l’un des investissements les plus rentables pour un manager, car il réduit immédiatement les incompréhensions, fluidifie les échanges et renforce la confiance collective.

Cet article propose une méthodologie simple et opérationnelle pour établir des règles de communication internes qui facilitent autant votre travail que celui de vos collaborateurs.

 

 En bref

  • Une communication floue ou incohérente crée tensions, incompréhensions et erreurs.

  • Simplifier la communication repose sur trois axes :
    1) choisir le bon canal selon l’importance et l’urgence,
    2) répondre même sans avoir toutes les informations,
    3) distinguer communication informative et communication relationnelle.

  • Des règles claires permettent une meilleure fluidité, moins de stress et une collaboration plus sereine.

 

 

1. La communication interne : un facteur clé de stabilité

Dans une entreprise, les enjeux sont suffisamment nombreux — objectifs, contraintes, priorités, arbitrages, clients, délais — pour éviter d’ajouter des tensions inutiles liées à une communication ambiguë.

Lorsque les messages sont mal formulés, imprécis ou transmis via un canal inapproprié, l’organisation devient vulnérable à :

  • des malentendus,

  • des frustrations,

  • des pertes d’information,

  • des délais rallongés,

  • des erreurs de priorisation,

  • une baisse de performance.

La communication interne n’a pas besoin d’être complexe pour être efficace : elle doit être compréhensible, structurée et partagée.

 

2. Le premier pilier : choisir le bon canal selon l’importance et l’urgence

L’un des problèmes les plus courants dans les organisations est l’absence de règles définissant comment communiquer selon la nature du message.

Sans ces règles, tout se mélange :

  • on envoie un SMS pour une information stratégique,

  • on formule un mail pour une micro-demande instantanée,

  • on téléphone pour un sujet mineur,

  • on reçoit des messages inattendus sur des canaux non surveillés.

 

Pour clarifier cela, un principe simple doit être intégré :
⇒ Plus le message est important, plus il doit être consigné ; plus il est urgent, plus le canal doit être direct.

 

✅ 2.1 Pour un message important : privilégier l’email

L’email permet :

  • de formaliser les informations essentielles,

  • d’éviter les oublis,

  • de conserver une trace,

  • de structurer un raisonnement,

  • de clarifier les attentes.

 

Exemples :

  • décisions,

  • consignes techniques,

  • validations,

  • demandes engageantes,

  • éléments de projet.

 

✅ 2.2 Pour un message urgent : privilégier le SMS ou l’appel

Ces canaux indiquent :

  • une demande nécessitant une réaction immédiate,

  • un changement important,

  • une alerte ou un besoin rapide.

Lorsque votre collaborateur vous appelle, vous devez pouvoir interpréter immédiatement :
“C’est urgent, j’ai besoin de toi maintenant.”

Cette règle partagée évite les incompréhensions et réduit les tensions inutiles.

 

 

3. Le deuxième pilier : répondre même si l’on n’a pas l’information

L'une des erreurs les plus fréquentes dans les relations professionnelles consiste à ne pas répondre lorsqu’on ne sait pas encore quoi dire.

Pourtant, dans la majorité des cas, l’expéditeur ne cherche pas une réponse immédiate, mais une confirmation :

  • que vous avez bien reçu son message,

  • que sa demande est prise en compte,

  • que vous reviendrez vers lui dès que possible.

Un simple :

« Merci, j’ai bien reçu. Je reviens vers toi dès que j’ai l’info. »

… suffit à réduire la tension, éviter les doutes, prévenir les relances et maintenir un climat serein.

 

L’absence de réponse est interprétée comme :

  • de l’oubli,

  • du désintérêt,

  • de la désorganisation,

  • ou du mépris.

Dans une équipe, le silence n’est jamais neutre. Il est presque toujours interprété négativement.

 

 

4. Le troisième pilier : distinguer communication informative et communication relationnelle

Dans une équipe, tout ne relève pas de la transmission d’informations.
Il existe deux intentions de communication très différentes, que l’on confond souvent :

✅ 4.1 Communiquer pour transmettre une information

Il s’agit de :

  • données,

  • décisions,

  • instructions,

  • résultats,

  • éléments factuels.

Le ton est direct, concis et orienté vers l’action.

Exemple :

« Le client reconduit le contrat l’année prochaine. »

Ce type de communication structure l’activité opérationnelle.

 

✅ 4.2 Communiquer pour se relier

Il s’agit cette fois de créer du lien, d’établir une proximité, de partager un moment d’humanité.

Exemples :

  • « Le ciel est magnifique aujourd’hui ! »

  • « J’ai passé un super week-end ! »

  • « Comment s’est passé ton déplacement ? »

Ce sont des micro-gestes relationnels, clairement non opérationnels, mais indispensables à la cohésion.

Confondre les deux intentions provoque des décalages d’interprétation :

  • l’un veut juste créer du lien,

  • l’autre attend une information opérationnelle,

  • les deux se frustrent.

Clarifier cette distinction renforce la qualité des interactions.

 

 

5. Pourquoi des règles simples transforment la vie de l’équipe

Une communication structurée apporte immédiatement :
✅ moins de tensions,
✅ moins de malentendus,
✅ moins de suppositions,
✅ moins d’interruptions,
✅ moins de perte d’information,
✅ plus de fluidité dans le travail,
✅ plus de cohésion,
✅ plus de confiance.

Lorsque chacun sait comment communiquer, quand communiquer et pourquoi communiquer, l’organisation devient plus stable, plus sereine et plus efficace.

 

Conclusion

Les malentendus sont rarement le résultat d’une mauvaise intention : ils sont presque toujours la conséquence d’une communication floue, mal structurée ou incohérente.

En définissant des règles simples — choisir le bon canal, répondre même sans information complète, distinguer lien et information — un leader réduit drastiquement les tensions internes et facilite le quotidien de toute l’équipe.

Ce travail n’est pas un détail. Il constitue l’un des piliers de la sécurité psychologique et de la qualité relationnelle au sein d’une organisation.

 

 

FAQ

1. Pourquoi les malentendus sont-ils si fréquents en entreprise ?
Parce que sans règles partagées, chacun communique selon ses propres réflexes, créant décalages et confusions.

2. Faut-il vraiment répondre à un message si l’on n’a pas encore la réponse ?
Oui : une simple confirmation réduit la tension et évite les relances inutiles.

3. Comment faire comprendre la différence entre communication informative et relationnelle ?
En explicitant les deux intentions lors des réunions ou points d’équipe.

4. Quelles sont les erreurs de communication les plus fréquentes ?
Ne pas répondre, utiliser le mauvais canal, formuler des messages ambigus, supposer que l’autre “va comprendre”.

5. Doit-on formaliser ces règles dans l’équipe ?
Il est fortement recommandé de les expliciter pour éviter toute interprétation aléatoire.