Fatigue, dureté et manque de patience…. Comment gérer nos coups de mou avec notre équipe ?
Gestion des tensions
24/06/2025
Dans une équipe, le comportement du manager est un baromètre. Les collaborateurs scrutent les signaux, les changements de ton, les micro-expressions, les délais de réponse… non pas par curiosité intrusive, mais parce qu’ils cherchent à s’assurer que « tout va bien ».
Cette sensibilité est normale :
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le manager influence l’organisation du travail,
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il incarne la sécurité psychologique du groupe,
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il structure les priorités et les règles d’interaction,
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son humeur a un effet immédiat sur l’atmosphère collective.
Ainsi, avant même que vous réalisiez que vous êtes tendu, vos collaborateurs l’auront perçu. Et spontanément, ils s’interrogeront :
« Est-ce que j’ai fait quelque chose ? »
« Est-ce que la situation de l’équipe est critique ? »
« Que va-t-il se passer ? »
Cette dynamique crée rapidement du stress, des non-dits, des interprétations erronées. D’où l’importance de mieux gérer les variations de votre état interne, surtout lorsqu'elles sont temporaires ou liées à des facteurs extrinsèques (charge mentale, contexte personnel, surcharge de travail, imprévus organisationnels…).
En bref
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Vos collaborateurs perçoivent votre tension avant même que vous en ayez clairement conscience.
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Ils cherchent spontanément à comprendre si cette tension vient d’eux.
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Votre stabilité émotionnelle est un signal clé pour la cohésion et la sécurité psychologique du groupe.
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Trois niveaux de tension appellent trois plans d’action différents : léger/médium, médium/élevé et profond.
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Passé trois mois de mal-être continu, un échange avec le N+1 devient indispensable.
Niveau 1 : Tension légère à médium — réactivité émotionnelle en hausse
Dans cette zone, vous sentez que votre irritabilité augmente, vos réactions sont plus vives, et vous avez moins de patience. Rien d'alarmant, mais suffisamment pour que l’équipe ressente le changement.
1. Éviter les réactions spontanées et préserver la qualité des échanges
Dans les moments de tension, la réactivité prend souvent le dessus sur la réflexion. Une remarque trop tranchante, une critique formulée trop vite ou un ton impatient peuvent être interprétés comme humiliants ou injustes.
Recommandation clé : instaurer un délai.
Lorsque vos collaborateurs vous sollicitent, privilégiez une réponse différée. Demandez-leur :
« Peux-tu m’envoyer ta demande par écrit ? Je te réponds un peu plus tard. »
Cet espace tampon permet :
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de traiter l’information à tête reposée,
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de réguler l'émotion et la formulation,
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de réduire les risques de blessure involontaire.
2. Préserver un rituel fédérateur malgré la tension
Il est essentiel d’envoyer un signal collectif rassurant. Organisez un petit-déjeuner, un café d’équipe, un déjeuner informel.
Objectifs :
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maintenir la cohésion,
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montrer que la tension ne vient pas d’eux,
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préserver la continuité du lien.
Ces moments simples ont un effet régulateur puissant sur l’équipe.
Niveau 2 : Tension médium à élevée — fragilité relationnelle significative
Ici, votre patience est fortement réduite, votre charge mentale élevée, votre capacité d’écoute fluctuante. Le risque de malentendus et de perturbations dans l’équipe augmente.
Les deux recommandations précédentes restent valides, mais doivent être appliquées avec une vigilance renforcée.
3. S’appuyer sur un collaborateur de confiance
Dans les périodes de tension notable, les non-dits se multiplient. L’équipe interprète, commente, amplifie parfois.
Désigner un « relais informel » peut :
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soutenir la circulation d’informations non sensibles,
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rassurer les collègues,
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éviter les interprétations anxiogènes,
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offrir un point de stabilité supplémentaire.
Attention :
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Ce relais n’est pas un « favori »,
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Il ne transmet pas vos états d’âme,
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Il ne devient pas un thérapeute.
Il joue simplement un rôle de fluidification et de veille relationnelle.
Niveau 3 : Tension profonde — lorsque le passage à vide s’installe
Cette situation se caractérise par :
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une fatigue durable,
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un manque d’énergie chronique,
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une perte de motivation,
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un sentiment de surcharge continue,
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des difficultés à retrouver du plaisir au travail,
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un malaise qui s’étend sur plus de trois mois.
C’est un niveau qui appelle une action structurante.
4. Appliquer les recommandations précédentes
Elles restent nécessaires mais souvent insuffisantes pour retrouver une pleine stabilité.
5. Parler à votre N+1 : une étape essentielle
Au-delà de trois mois, il ne s’agit plus d’un épisode ponctuel. Le dialogue avec votre N+1 devient indispensable. Pourquoi ?
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Pour exprimer la situation sans tabou.
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Pour analyser la source du malaise (charge, responsabilités, organisation, environnement, facteurs personnels…).
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Pour identifier des ajustements concrets :
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rééquilibrage des missions,
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priorisation claire,
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soutien supplémentaire,
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adaptation temporaire du rythme,
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accompagnement externe si besoin.
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Retrouver du plaisir dans la fonction managériale est vital. Non seulement pour vous, mais aussi parce qu’un manager stable, serein et inspirant est un facteur central de bien-être collectif.
Conclusion
Les tensions internes sont inévitables : elles font partie de la vie, du travail, des responsabilités. Mais leur impact sur l’équipe n’est pas une fatalité. À chaque niveau de tension correspond un ensemble d’actions précises permettant de préserver la relation de confiance, de protéger la cohésion et de maintenir votre crédibilité managériale.
Anticipation, régulation émotionnelle, communication différée, rituels fédérateurs, soutien interne et transparence hiérarchique constituent une stratégie robuste. C’est ainsi que vous restez un repère, même dans les périodes où vous-même vacillez intérieurement.
FAQ
1. Comment savoir si mon équipe perçoit ma tension ?
Des changements dans les comportements, une moindre spontanéité ou des questions inhabituelles (« tout va bien ? ») sont de bons indicateurs.
2. Est-il normal d’être moins disponible émotionnellement ?
Oui. L’enjeu n’est pas de cacher votre fatigue, mais d’éviter que votre irritabilité ne devienne un signal anxiogène.
3. Puis-je dire à mon équipe que je suis dans une période difficile ?
Oui, tant qu’il s’agit d’une formulation professionnelle, brève et sans étalage émotionnel (« Je traverse une période chargée, je fais de mon mieux »).
4. Que faire si ma tension vient de l’un de mes collaborateurs ?
Traitez le sujet à froid, de manière factuelle. Ne mélangez pas tension interne et gestion de performance.
5. À partir de quand dois-je en parler à mon N+1 ?
Dès lors que le malaise dépasse trois mois ou qu’il altère significativement vos capacités managériales.
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