La communication passive-agressive, ou l’art de casser les dynamiques…
Gestion des tensions
11/07/2025
« Vous n’avez pas mis en pièce jointe le formulaire X39 au dossier… Mais où avez-vous fait votre formation ? »
« Vous partez déjà ? Mais il est seulement 16h30… »
« Je vous l’ai déjà expliqué plusieurs fois, mais apparemment vous n’avez toujours pas compris. »
Ces phrases, vous les avez peut-être déjà dites.
Ou entendues.
Ou même encaissées.
Elles semblent anodines, légères, parfois dites avec un sourire ou un ton sarcastique. Pourtant, elles appartiennent à un registre de communication destructrice : les micro-humiliations, ces petites piques qui entament la confiance et abîment les relations professionnelles.
Beaucoup de personnes utilisent ce type de communication sans intention malveillante. Ce n’est pas toujours de la manipulation ou de la domination assumée. Parfois, c’est un réflexe pour relâcher une tension interne, soulager un agacement, ou exprimer une frustration sans oser aborder le vrai sujet.
Le problème ?
► La micro-humiliation reste une humiliation.
Elle laisse une trace. Elle abîme la coopération. Elle crée de la distance.
À l’inverse, une communication assertive, claire et respectueuse devient un levier puissant pour renforcer la confiance, l’efficacité et la qualité des relations.
Ce que vous allez découvrir dans cet article :
-
pourquoi ces remarques nous échappent,
-
comment elles impactent profondément un collectif,
-
et comment développer une communication constructive, même sous tension.
En bref : ce qu’il faut retenir
⇒ Une remarque sarcastique soulage parfois votre tension… mais blesse durablement l’autre.
⇒ Les micro-humiliations détériorent la confiance, la coopération et le climat relationnel.
⇒ Elles révèlent souvent une surcharge émotionnelle ou un stress non régulé.
⇒ Une communication assertive (claire + respectueuse + assumée) transforme les relations.
⇒ Le changement commence par une observation honnête de ses propres tensions.
1. Les micro-humiliations : un mécanisme insidieux mais courant
Dans les environnements professionnels, ce type de communication apparaît souvent dans 3 situations :
-
fatigue ou stress
-
frustration non exprimée
-
tension relationnelle accumulée
Les phrases assassines, les sous-entendus, les remarques qui piquent…
Elles ne sont pas toujours intentionnellement toxiques.
Souvent, elles sont impulsives.
♦ Pourquoi utilisons-nous ces remarques ?
Parce que le cerveau cherche à :
-
relâcher la pression interne
-
reprendre du contrôle dans un échange
-
exprimer une frustration sans confrontation directe
-
marquer une supériorité symbolique
Ces phrases donnent l’illusion de « reprendre la main », de remettre l’autre « à sa place », ou de soulager un agacement.
Sur le moment, ça peut même sembler efficace.
Mais ce pseudo-soulagement a un coût.
♦ Le coût émotionnel pour l’autre
Même si la personne ne dit rien, elle ressent :
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humiliation
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gêne
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colère
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injustice
-
distance
-
perte de confiance
La relation se fissure.
Et chaque micro-humiliation ajoute une couche de rancœur.
2. L’impact sur l’équipe : quand la petite pique crée de grands dégâts
Une micro-humiliation n’est jamais un geste isolé.
Elle a des conséquences sur la dynamique du groupe.
► Elle altère la confiance
La confiance se construit par cohérence, respect et sécurité psychologique.
Une seule remarque blessante suffit à instaurer une vigilance :
« Je vais faire attention à ce que je dis… je ne veux pas me faire piquer. »
► Elle bloque la coopération
Pourquoi aider quelqu’un qui se moque subtilement ?
Pourquoi s’investir avec quelqu’un qui juge en permanence ?
La solidarité se fragilise.
► Elle détériore le climat social
Ambiance tendue, sarcasme contagieux, peur de s’exprimer : le collectif devient vulnérable.
► Elle crée un effet domino
Lorsqu’un manager adopte ce comportement :
→ l’équipe finit par l’imiter.
→ la culture devient toxique.
→ les talents s’éteignent ou partent.
Un climat négatif commence souvent par une phrase dite trop vite.
3. Comprendre ce qui déclenche ces remarques : un travail sur soi essentiel
Au lieu de se juger, il est utile de se questionner :
Pourquoi ai-je dit ça ?
♦ Question 1 — Suis-je tendu en ce moment ?
Lorsque nous sommes fatigués, stressés ou surchargés :
-
notre patience diminue
-
notre filtre émotionnel s’affaiblit
-
nos réflexes deviennent plus agressifs
Quand nous sommes tendus, notre communication l’est aussi.
♦ Question 2 — À qui est-ce que je permets ce type de remarque ?
Fait intéressant :
Nous ne parlons pas de la même façon à tout le monde.
Cela révèle :
-
où nous nous sentons en pouvoir,
-
où nous nous sentons en danger,
-
où nous cherchons à compenser une tension intérieure.
♦ Question 3 — À quelle fréquence cela arrive-t-il ?
Une remarque ponctuelle sous stress n’est pas dramatique.
Un style de communication régulier, oui.
L’objectif n'est pas de se condamner, mais de prendre conscience, pour évoluer.
4. Les 2 axes de travail pour transformer durablement sa communication
✅ Axe 1 — Apprendre à reconnaître et réguler ses tensions internes
Votre communication est toujours le reflet de votre état interne.
⚡ Techniques simples de régulation
-
respiration lente (4 secondes in / 6 secondes out)
-
pause de 5 secondes avant de parler
-
micro-retrait (« Je réponds dans un instant »)
-
marche ou mouvement léger
-
expression personnelle (écriture, verbalisation)
Ces outils permettent de calmer le système nerveux et d’éviter les remarques impulsives.
✅ Axe 2 — Adopter une communication assertive
L’assertivité = clarté + respect + responsabilité.
Ce n’est ni :
❌ la fuite
❌ l’agressivité
❌ le sarcasme
❌ l’ironie
C’est :
✅ dire les choses
✅ au bon moment
✅ de manière factuelle
✅ en respectant l’autre
♦ Formule assertive simple
-
Le fait : « Le dossier X39 n’a pas été joint. »
-
L’impact : « Cela retarde l’envoi au client. »
-
La demande : « Peux-tu vérifier la procédure pour les prochains envois ? »
Efficace.
Clair.
Responsabilisant.
Et surtout… respectueux.
Conclusion
Les micro-humiliations ne sont pas de petites choses.
Elles abîment, distancent, refroidissent.
Elles révèlent surtout un état interne : fatigue, stress, frustration.
La bonne nouvelle ? Cela se corrige.
En apprenant à observer ses tensions et à adopter une communication assertive, on transforme :
-
son impact,
-
ses relations,
-
et le climat d’une équipe.
Changer sa manière de parler, c’est changer la qualité de ses liens.
Et dans une équipe, cela peut tout changer.
FAQ – Questions fréquentes
1. Une micro-humiliation est-elle toujours volontaire ?
Non. Dans de nombreux cas, elle est impulsive, liée au stress ou à une tension interne.
2. Comment savoir si j’ai blessé quelqu’un ?
Les signes : retrait, crispation, silences, malaise. Le mieux est d’aller vérifier en direct avec la personne.
3. Peut-on corriger après coup ?
Oui : revenir vers l’autre, reconnaître la maladresse, reformuler et réassurer.
4. Est-ce que cela peut vraiment détruire une équipe ?
Absolument. Les micro-humiliations répétées minent la confiance, créent des tensions et fossilisent les relations.
5. Comment développer une communication plus positive ?
En travaillant sa régulation émotionnelle et en pratiquant quotidiennement l’assertivité.
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